Nicolas KOKEL

Concilier technique et écologie – De petites gouttes pour une grande cause

Récupération eau de pluie
NikoPluie

Près d’Abbeville, Nicolas Kokel a trouvé sa voie en alliant son esprit scientifique et son pragmatisme à une cause qui lui tient à cœur : la préservation de l’eau. Avec Nikopluie, il propose des solutions claires et efficaces pour récupérer l’eau de pluie et l’utiliser quotidiennement -WC, lave-linge, etc.-, bien au-delà de l’arrosage du potager ! Son approche, à la fois technique et accessible, vise à rendre les particuliers, les entreprises, les agriculteurs et les collectivités plus autonomes, tout en participant à une gestion durable de cette ressource précieuse.

Un parcours marqué par la logique et l’innovation

Nicolas a toujours eu un esprit analytique et une passion pour les projets concrets. Après un bac scientifique, il s’est d’abord orienté vers l’électronique, pensant que cette trajectoire le rapprocherait de l’automobile, sa première passion. Mais c’est finalement à l’ESTACA, une école d’ingénieurs spécialisée dans les transports, qu’il s’est intéressé à l’aéronautique. Pourtant, après quatre ans d’études et de stages, il a réalisé que le travail en bureau d’études ne lui correspondait pas : « Ce qui me plaisait, c’était de gérer les projets, de m’assurer qu’il y aurait tout ce qu’il faut pour faire ce qu’on veut faire. »

Il s’est alors tourné vers la logistique, une discipline qui allie organisation et concret, justement. Après un stage chez Aerolia, où il a conçu des outillages de transport pour des pièces d’avion, il a travaillé dans une start-up spécialisée dans les LIDAR, des appareils de mesure du vent pour les éoliennes. Puis, il a rejoint une entreprise de serrurerie, où il a géré les flux de conteneurs entre l’Asie et l’Europe.

Mais il faut attendre 2023, et un sommet sur l’eau organisé par le magazine Kaizen, qu’il a eu une révélation : « J’ai découvert qu’on avait le droit de boire de l’eau de pluie ! », s’enthousiasme-t-il.

Cette prise de conscience, couplée à son esprit logisticien, l’a poussé à se lancer dans la récupération d’eau de pluie, et après une formation avec le réseau Écopreneurs et l’obtention de la certification Qualipluie, il a créé Nikopluie en avril 2025, avec pour objectif de rendre cette solution accessible à tous…

Une offre pragmatique et adaptée

Nicolas propose deux types de prestations pour la récupération d’eau de pluie. La première est une étude de dimensionnement pour ceux qui partent de zéro : « Je prends en compte la météo, les évolutions climatiques, les consommations des clients, et je modélise le stock idéal pour avoir une cuve adaptée. ». L’objectif est d’éviter les investissements inutiles ou insuffisants : « Une cuve trop grande pour une consommation faible, c’est de l’argent gaspillé. À l’inverse, une cuve trop petite ne répondra pas aux besoins. »

La deuxième prestation comprend l’installation complète, de la fourniture à la mise en service. Nicolas travaille avec des partenaires -terrassiers, plombiers, électriciens- pour offrir une solution clé en main : « Je ne suis ni plombier ni électricien, mais je coordonne tout pour que le client ait une installation fonctionnelle et durable. ». Il propose aussi des solutions de réhabilitation pour ceux qui ont déjà une citerne mais ne savent pas comment l’utiliser !

Son argumentaire repose sur trois piliers. D’abord, la qualité de l’eau : « L’eau de pluie est la version la plus propre de l’eau sur Terre. Elle n’a traversé que l’atmosphère, donc elle est beaucoup plus facile à traiter que l’eau de sol, chargée de calcaire, de pesticides ou de nitrates. », vient ensuite la gestion du stock : « Avec une cuve, on devient gestionnaire de son eau. On se protège des coupures de réseau, qu’elles soient dues à la sécheresse, aux remontées d’eau salée ou aux restrictions préfectorales. », et enfin, l’impact écologique : « En stockant l’eau de pluie, on évite qu’elle ne ruisselle et n’érode les sols. Et on participe à la recharge des nappes phréatiques en les vidant moins. »

Pour rendre l’eau potable, Nicolas utilise des systèmes de filtration et de traitement au charbon actif, qui éliminent les impuretés et les bactéries : « L’eau est propre, sans couleur ni odeur, et peut être utilisée pour tous les usages domestiques, sauf la consommation alimentaire pour les entreprises, car c’est trop complexe réglementairement. » Il insiste sur la simplicité d’utilisation : « Une fois installée, la bascule entre eau de pluie et eau de ville est automatique. Les utilisateurs ne voient aucune différence au quotidien. »

Un avenir tourné vers l’autonomie et l’assainissement

Nicolas voit grand pour Nikopluie ! Il souhaite développer son activité auprès des collectivités, des entreprises et des agriculteurs, et cible plus particulièrement les communes : « Mon objectif est de nous rendre plus autonomes, plus sobres, plus responsables et plus résilients face aux enjeux de l’eau. »

Toujours dans l’idée de clore le cycle de l’eau et d’infiltrer l’eau de pluie, Nicolas a élargi son offre à l’assainissement écologique par filtres à broyat de bois. Il s’agit d’infiltrer les eaux usées de cuisine et de salle de bain -dites eaux grises-, dans des tranchées remplies de BRF. Pour les WC, on utilise dans ce cas des toilettes sèches. Avec 20% de consommation d’eau en moins, elles sont plus sobres et moins polluantes : « Nos déjections représentent 80% de la charge polluante des eaux usées. Comme l’Homme est le seul animal terrestre à faire ses besoins dans l’eau alors qu’il prend l’essentiel de sa nourriture dans la Terre, il y a une forme de logique à aller vers ce système ».

Son rêve ? Que chacun ait sa cuve à eau et son système d’assainissement écologique, pardi ! Ça réduirait les inondations, préserverait les ressources et rendrait les territoires plus résilients face à l’évolution climatique, scande Nicolas en convaincu !

Mais conscient des enjeux, Nicolas n’est pas pour autant un idéaliste et insiste sur l’importance de la simplicité et de l’utilité : « Si c’est possible, on le fait. Si ce n’est pas possible, on ne le fait pas. L’idée, c’est de progresser pas à pas, sans dogmatisme. »

Une philosophie ancrée dans le concret et l’humilité

Ce qui motive Nicolas Kokel, c’est de participer à la préservation de l’eau et de rendre les gens plus autonomes : « Chaque goutte économisée, c’est une victoire. Et chaque client qui devient plus responsable de sa consommation, c’est une avancée pour tous. » Il met en avant la longévité des installations : « Une cuve et ses équipements -terrassement compris- coûtent entre 12 000 et 25 000 €, mais elle dure 30 à 100 ans. À comparer avec une voiture ou une piscine, qui ont une durée de vie bien inférieure et un usage moins quotidien. »

Son approche est résolument pragmatique et humble. Il ni survivaliste ni autonomiste, il ne cherche pas à remplacer le réseau public, mais à le compléter. Il souhaite plus que tout que ses clients soient satisfaits, sans avoir à gérer des problèmes derrière, c’est aussi simple que ça ! Pour lui, l’important est de faire avancer les choses dans le bon sens, sans imposer de solutions radicales : « Si les gens veulent économiser de l’eau mais ne sont pas prêts à passer aux toilettes sèches, c’est déjà bien. L’essentiel, c’est de faire un pas dans la bonne direction. »

Avec Nikopluie, Nicolas Kokel prouve que l’écologie peut rimer avec pragmatisme, confort et efficacité. Son message est clair : chaque geste compte, et chaque solution, aussi modeste soit-elle, contribue à un avenir plus serein…

Biographe, conceptrice-rédactrice et coach littéraire

Des mots pour rendre visible l’invisible, un vrai savoir-faire !
Conçoit et rédige discours de marques et stratégies éditoriales des entreprises.
Écrit et co-écrit toutes les histoires de vie.

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